Longtemps considéré comme le meilleur poids mouches du continent européen, Michael Aljarouj franchit enfin le cap de l'octogone ce samedi lors de l'UFC Fight Night 287 [UFC Paris] à Paris. Opposé à l'Espagnol Fabian Sintes pour son baptême dans l'organisation, le combattant s'est livré en interview d'avant-combat avec une émotion rare, revenant sur les traumatismes de son enfance en Syrie et son regard apaisé sur son présent d'athlète de haut niveau.
Marqué à l'âge de 14 ans par les horreurs du conflit syrien, Aljarouj a partagé le récit glaçant de son interception par des terroristes de Daech alors qu'il tentait de rejoindre le Liban pour obtenir un visa vers la France :
« La guerre, tu es un enfant, tu ne comprends rien à la politique. Tu vois juste des gens s'entre-tuer. Tu es en danger à chaque instant de ta vie, tu peux mourir n'importe quand. Quand j'avais 14 ans, on a été arrêtés par Daech dans le bus vers le Liban. Ils m'ont dit : "Tu as deux choix : soit tu combats avec nous, soit on te tue toi et ta famille." Pour sauver les miens, j'ai dit que j'allais combattre avec eux. C'est là que mon père est descendu du bus et leur a donné une énorme somme d'argent pour me faire libérer. En partant, l'un des chefs a dit à mon père : "Si on le recroise, on vous tue tous." »
Interrogé sur la tentation de voir ce combat à l'UFC comme une revanche sur un passé si douloureux, le combattant refuse absolument cette idée :
« Pas du tout, je ne prends pas de revanche sur quoi que ce soit. On ne peut pas comparer ça au sport. Le sport m'a apporté tout ce qu'il y a de bon dans ma vie. Qui aurait pu imaginer me retrouver en France, sur la plus grande scène du monde, dans la meilleure organisation possible ? Ma vie est plus belle que jamais : j'ai deux magnifiques enfants, une femme formidable, la meilleure équipe et mon coach à qui je dois tout. Je suis très heureux dans ma vie. »
Sur le plan purement sportif, Aljarouj affiche de très hautes ambitions chez les poids mouches, tout en restant méthodique :
« Être le numéro un dans la plus grande organisation au monde, c'est mon ambition : aller chercher la ceinture. Mais étape par étape. Là, c'est mon premier combat à l'UFC, on verra ce qui se passera après. Je ne vais rien précipiter. Ceux qui ne connaissent pas mon style le verront dans la cage et comprendront de quoi je suis capable. »
Revenant sur les critiques concernant sa gestion du combat au sol lors de sa dernière sortie, le Franco-Syrien remet les pendules à l'heure :
« Beaucoup de gens ont critiqué mon dernier combat. Il y a eu plein de soucis, surtout sur ma diète, et je me suis blessé dès le premier round. Mais là, il ne passera pas ma garde, il ne m'amènera pas au sol. On est prêts à tout ce qu'il peut proposer. Je n'ai pas besoin de chance, je ne compte que sur le travail acharné et les sacrifices. »
Enfin, Michael Aljarouj a hâte de communier avec l'Accor Arena, se souvenant des frissons vécus en tribunes lors des précédentes éditions :
« Le public français est incroyable. J'étais là pour le deuxième UFC Paris : quand Taylor Lapilus est entré dans la cage, j'ai eu une sensation unique, le sol tremblait sous mes pieds. D'abord, on se concentre à fond sur le combat, et ensuite je vais prendre toute l'énergie de la foule. »
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Fiche combat et prono
Fabia Sintes vs. Michael Aljarouj
